Retour de Vancouver, je sors juste de l’avion et je me prends un petit capuccino et un croissant, en hommage à l’amitié Franco-Italienne. J’étais à côté d’une nana dans l’avion (en éco ce coup-ci, donc ça rapproche, forcément). Je devais bosser dans l’avion, malgré le vol de 8 heures avec atterrissage à 8h du mat, donc je n’ai dormi qu’une heure. Elle a dormi pas mal, recroquevillée à côté de moi, son dos, ou son bras, parfois son épaule contre moi. C’était chaleureux, sain, humain. Elle n’hésitait pas à s’appuyer et pour ma part je n’hésitais pas à opposer la résistance nécessaire pour qu’elle se sente confortable.

Je regardais parfois ses main, dans le détail, les phalanges de ses doigts assez fins et dessinés, ses ongles vernis de rouge, le pli de son pouce, lui aussi assez long et avec peu de pulpe, puis ses cheveux bruns épais et un peu longs tombant joliment sur ses épaules et le haut de son dos, ses yeux assez gros et un peu protubérants, que je trouvais un peu dommages, sans parler de son nez, très long, très important, dommage aussi, mais en dessous il y avait sa jolie bouche ni trop pulpeuse ni trop fine, plus bas ses seins denses et ronds, avec juste ce qu’il faut de pendant, de mouvement, pris sous son petit haut rose foncé. Sa hanche droite pendant un temps long fut contre moi, dans son jean sous mon coude gauche. Lorsqu’elle est allée au toilettes j’ai regardé ses fesses bien moulées par son jean, ses jambes un peu courtes mais bien proportionnées, manquant peut-être juste un peu de définition sur les cuisses. Je me disais alors qu’avec tout le temps que je passe dans les avions, j’ai beau être platine FlyingBlue, je ne suis pas entré au mile-high club. Je me voyais bien, avec elle, entrer au mile-high club. J’ai aussi pensé à faire ça avec Kimberley, mais comme on voyage toujours avec les gosses, c’est un peu dur. Et puis le mile-high club, je trouve que ça a plus de classe si on y entre avec une inconnue rencontrée dans l’avion, un choix impulsif dans cet espace de liberté absolue qu’est un cercueil volant. On est hors du monde dans ces endroits-là, tout est permis, je pense.

Une fois atterris, après avoir remis son rouge à lèvres, elle m’adresse la parole d’un ton déterminé, demandant combien de temps je vais passer à Paris. Tout de suite sa voix, son accent m’ont plu, son côté entreprenant aussi. J’avais envie de cette fille. Mais ça y était, on avait atterri, rejoint le monde, donc ce n’était plus possible. J’ai discuté avec elle, cherchant quand même à la séduire (ça fait combien de temps que je n’ai pas séduit quelqu’un ? Mais le désir commence à revenir, je le sens bien, je suis un peu jaloux de Jérôme qui change de nana tous les ans – pas toujours de sa faute, hein, mais au moins il connaît toujours ce frisson) et je crois bien avoir réussi. Il y a un moment où le next step c’était de lui dire qu’on pourrait se retrouver en ville pendant sa semaine à Paris, que je lui donne mon numéro. Mais bon, pas possible, évidemment. On se quitte en sortant de l’avion. Puis on se retrouve dans la queue de la douane où elle gardait ses distances car j’avais assez clairement marqué mon désir de finir cette relation en sortant de l’avion. Mais bon, elle était derrière moi dans la queue de la douane, et dieu sait que ça peut être long ce genre de queues à CDG parfois (personne à l’Accès n°1, ça m’énerve quand ils font ça), donc j’ai réengagé la conversation. On se souriait tout le temps en se parlant, et elle a un très beau sourire en te regardant dans les yeux, ses gros yeux deviennent alors un atout, presque un atour.

On se perd à la douane, puis on se retrouve à la livraison des bagages, avec déjà la familiarité des gens qui se sont reconnus. Il y a avait quelque chose entre nous, c’est sûr. On parlait facilement, on aimait nos voix respectives je crois, on les trouvait familières et touchantes. On aurait presque pu se prendre la main.

Mon bagage arrive, je le prends et je la salue pour de bon.

Puis je sors, je vais fumer ma clope, puis me dirige vers le bar pour un petit dèje et je la vois faisant la queue au téléphone. Je m’arrête, on repapote et je lui demande si on vient la chercher ou si elle vient prendre le petit dèje avec moi. On vient la chercher. Bon, OK, j’y vais alors. Elle me dit alors son nom en me tendant de nouveau la main, je lui prends et là, l’espace de trois secondes, on ne se sert pas la main mais on se la prend. Je lui dis mon nom, et je lui dis que ça m’a fait très plaisir d’être à côté d’elle pendant le voyage, qu’elle a une présence agréable. Elle rigole en souriant, moi aussi.

On se quitte.

C’était beau.